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De l’encre à l’image

Quand le slam rencontre le cinéma : un projet collectif avec les demandeurs d’asile du CADA du Carrefour des Solidarités
Octobre 2026 à avril 2027


Normandie Images et le CADA du Carrefour des Solidarités s’associent pour proposer un projet artistique et collectif à une quinzaine de demandeurs d’asile accueillis sur la métropole de Rouen dans le dispositif Passeurs d’images.
Les personnes accompagnées par le CADA partagent une situation particulière : elles sont engagées dans une procédure de demande d’asile, souvent longue, marquée par de nombreuses démarches administratives et une période d’attente qui peut être source d’anxiété. À cette situation s’ajoutent différents freins à l’intégration : ressources limitées, accès restreint à l’emploi, possibilités réduites d’apprentissage du français ou encore isolement social.
Dans ce contexte, l’accès à des projets culturels constitue un véritable espace de rencontre, d’expression et de partage. Il permet de créer du lien, de favoriser les échanges, de mieux connaître son environnement et de prendre part à la vie culturelle du territoire d’accueil.
C’est dans cette perspective que Normandie Images et le CADA du Carrefour des Solidarités proposent un projet mêlant slam et cinéma, avec l’accompagnement du slameur Psyché d’Ethnik et du réalisateur Michael Leclere.

Une rencontre à l’origine du projet
En décembre 2025, une projection-rencontre est organisée avec les personnes accueillies au CADA. Elle leur permet de découvrir plusieurs films réalisés dans le cadre d’ateliers Passeurs d’images, dont un film réalisé avec des personnes accompagnées par France terre d’asile.
Cette rencontre constitue également un temps d’échange avec les participants. Elle permet d’écouter leurs envies, leurs attentes et les sujets qui leur tiennent à cœur. Ces échanges font progressivement émerger l’idée d’un projet autour de la parole, de l’écriture et de l’image.

Écrire, dire et se raconter
Accompagnés par le slameur Psyché d’Ethnik, les participants s’initient à l’écriture et à la pratique oratoire. À travers le slam, chacun peut mettre des mots sur ses expériences, ses ressentis, ses questionnements, mais aussi sur ses espoirs, ses souvenirs et ses envies.
Pour Psyché d’Ethnik, la pratique du slam constitue un véritable révélateur : elle permet de mettre des mots sur ce que l’on ressent et de faire entendre une parole personnelle. L’atelier devient ainsi un espace où chacun peut prendre sa place, être écouté et écouter les autres.
Cette démarche permet également aux participants de pratiquer le français dans un contexte différent, en s’appuyant sur la créativité et l’expression personnelle plutôt que sur un apprentissage uniquement théorique.

Du texte à l’image
Les textes écrits et les performances des participants sont ensuite au cœur d’un travail cinématographique accompagné par le réalisateur Michael Leclere.
Le film mêle plusieurs formes : des images documentaires qui montrent les participants au travail pendant les ateliers de slam, des portraits et une mise en scène inspirée des textes écrits collectivement et individuellement.
Le projet croise ainsi deux pratiques artistiques : la voix et l’image. Cette dimension transdisciplinaire offre aux participants de nouvelles manières de raconter, de se représenter et de partager leur expérience.
Michael Leclere travaille notamment autour des mots, de leurs différents sens et de la manière dont chacun peut se les approprier. Avec Psyché d’Ethnik, une attention particulière est portée au vocabulaire, aux métaphores et aux allégories, qui peuvent ensuite être transposés à l’image.
Une partie du travail prend la forme d’un documentaire collectif, construit à partir d’interviews, de moments captés pendant les ateliers et de réflexions autour de la langue et de l’écriture. Le montage fait dialoguer les différentes paroles et fait émerger une réflexion commune.
Dans un second temps, les participants sont également invités à incarner individuellement leurs textes face caméra. Dans un dispositif scénographique sobre, composé d’un fond noir et d’une lumière en poursuite, chacun peut lire et interpréter son texte, lui donner corps et faire entendre sa voix.

Une expérience collective et valorisante
À travers ce projet, la quinzaine de participants expérimente différentes formes d’expression, perfectionne sa pratique du français, apprend à mieux se connaître et découvre les autres.
Au-delà de la réalisation d’un film, le projet crée un espace fondé sur l’écoute, la solidarité et la bienveillance, dans lequel chaque participant peut trouver sa place et voir sa parole valorisée.
La réalisation d’une œuvre cinématographique collective constitue l’aboutissement de cette expérience et permet de porter ces voix jusqu’au public.

Les ateliers
Le projet démarre le lundi 12 octobre 2026, avec un premier atelier consacré au slam et aux premières prises de vues.
Cette première journée donne le coup d’envoi d’un parcours au cours duquel les participants sont tour à tour auteurs, interprètes, acteurs et sujets du film qu’ils contribuent à réaliser.


Projet soutenu par la DRAC Normandie dans le cadre de l’appel à projet Action culturelle pour la langue française et par le Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS).