Projet franco haïtien avec l’association Educ’timoun
Des jeunes de deux régions du monde participent à un atelier de réalisation
Avril à juin 2026

Dans le cadre du dispositif Passeurs d’images, des jeunes de France et d’Haïti réalisent deux courts métrages documentaires pour raconter une journée dans la vie d’un jeune français et d’un jeune haïtien en réfléchissant au thème de l’éducation. Ce projet est porté par Rosemitha Pimont qui a fondé l’association Educ’timoun
Pour le volet français, 9 jeunes de 8 à 14 ans de l’association Espoir jeunes et du service jeunesse de Mont Saint Aignan participent à un atelier de réalisation avec le réalisateur Pierre Quevaine et l’ingénieur du son Charles d’Annoux lors des vacances d’avril.
Pour le volet haïtien, il a commencé fin mars avec 10 jeunes de l’école Frères unis de Pays Pourri avec un intervenant local.
Une nouvelle aventure commence après un premier partenariat et un atelier photo en 2024 avec la photographe Marie-Hélène Labat.
Deux rencontres en visios entre les deux groupes de jeunes sont prévues pendant le projet.
L’atelier en Haïti
À Pays-Pourri, l’atelier se déroule sur quatre jours du 30 avril au 2 mai. Le premier jour est consacré à la découverte du projet et à l’initiation au langage audiovisuel. L’encadrant présente les différents rôles du monde du cinéma - réalisateur, caméraman, monteur, acteur - ainsi que la différence entre fiction et documentaire. Des extraits sont visionnés pour nourrir la réflexion.
Les jeunes élaborent ensuite collectivement le plan de leur film, structuré autour de 7 scènes représentant leur quotidien. Ils participent à la répartition des rôles et commencent à se projeter dans les situations à filmer.
L’équipe de tournage est composée de Yremène, Cleevens, Nathanaëlle, Mardochée, Yvena, Phalineda, Makenson, Louvensky, Fanel, Ismaël.
Très vite, le groupe entre dans une phase concrète de création. Les jeunes se familiarisent avec le matériel, s’entraînent à filmer et s’impliquent dans l’écriture des scènes. L’ambiance est studieuse mais aussi très conviviale, rythmée par des temps d’échange et de partage, notamment lors des repas pris en commun.
Les jours suivants sont consacrés au tournage et à l’enregistrement des voix off. Les scènes filmées reflètent différents moments de la vie quotidienne : un jeune s’occupant de son bétail avant de partir à l’école en uniforme, des activités au marché, l’arrivée en classe, des travaux manuels ou encore des moments de loisirs comme un match de football.
Une scène montre également le travail de la terre, avec des jeunes cultivant ensemble et présentant les productions locales. Ces images traduisent l’importance des activités agricoles dans la vie du village et le lien direct avec leur environnement.
En parallèle, les participants découvrent les bases du montage vidéo à travers un atelier pratique, avec des exemples et des exercices. Ils comprennent progressivement comment les images s’assemblent pour raconter une histoire.
Tout au long de l’atelier, les jeunes font preuve d’implication et de curiosité. Plusieurs expriment l’envie de filmer davantage leur environnement, de réaliser des images chez eux ou encore de participer au montage du film.
Entre les deux ateliers, deux jeunes des deux pays, Cleevens et Soumaya, du groupe de pilotage du projet, ont déjà eu l’occasion de découvrir le contexte haïtien/français et de préparer la rencontre. Ils ont notamment élaboré des questions destinées à animer les temps de visioconférence avec l’ensemble des participants.
L’atelier en France
Le but de cet atelier est de mettre en lumière et en regard, une journée dans la vie d’un jeune français et haïtien. L’objectif est de les amener à réfléchir et échanger autour de la notion d’éducation, incluant les temps scolaires, familiaux et les activités extrascolaires.
Les jeunes réalisent donc un court-métrage autour d’une journée dans la vie d’un français, ils montrent leur réalité, leur quotidien, ils filment aussi des images de leur côté qui sont intégrées au film.
L’équipe de tournage est composée de Jade, Célia, Fara, Sirine, Mégane, Abigaëlle, Fatimata, Nora, Soumaya et Mohammed.
L’objectif est que les jeunes puissent s’exprimer, découvrir le plaisir de la création artistique lors de 3 jours et demi d’atelier.
Jour 1 : débat, écriture, visioconférence avec les jeunes haïtiens
Jour 2 : finalisation de l’écriture et tournage
Jour 3 : tournage et enregistrement des voix off
Jour 4 : récupération des images tournées hors-atelier filmées avec quelques consignes, deuxième visioconférence avec les jeunes d’Haïti.
La démarche du réalisateur intervenant est de promouvoir des valeurs positives, susceptibles d’être utilisées dans d’autres contextes que celui de cet atelier : curiosité, travail d’équipe et solidarité, liberté d’expression, respect, rigueur, créativité.
Le premier jour, les jeunes découvrent ce qu’est un documentaire et commencent à réfléchir au thème de leur film. L’éducation implique les valeurs transmises notamment par la famille : le respect, la politesse, la gentillesse… Puis les jeunes écrivent individuellement le déroulement d’une journée type et viennent le dire ensuite face au groupe, s'entraînant déjà pour le tournage. Ils évoquent : le rituel du lever chez eux, la journée d’école, les amis, la cantine, le goûter, les activités, les jeux vidéos, le soir en famille, la télé… et l’heure du coucher très différente selon les familles!
Morceaux choisis : une jeune a les "meilleures copines sur terre"(!), une autre aime l’école parce qu’elle apprend de ses erreurs, les mathématiques ne font pas l’unanimité par contre !
Tous les jeunes veulent bien être devant la caméra même si ce n’était pas le cas au début.
En attendant que la visio avec Haïti se mette en place avec les jeunes d’Haïti, Rosemitha raconte son histoire aux jeunes. Elle est née en Haïti à Pays-Pourri et a été adoptée en France à l’âge de 8 ans. Le lien avec sa famille biologique a été rompu pendant 10 ans puis en 2015, elle a pu aller les rencontrer. Elle a souhaité ensuite créer l’association Educ’timoun pour apporter un soutien aux jeunes de sa ville natale.
Elle explique aux jeunes que Haïti est un des pays les plus pauvres du monde.
Les jeunes s’expriment ensuite sur la France et font des comparaisons. Une jeune dit que "c’est un pays ouvert à tout le monde".
Les jeunes français sont surpris par le décalage horaire avec Haïti.
La visio peut se faire, les jeunes font connaissance.
Valorisation
Ce projet sera valorisé dans le cadre du festival Educ’art solidaire en juin.
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